
Tanger se réconciliera-t-elle avec ses oueds? C’est en tout cas ce qu’ambitionnent les autorités de la ville. Tanger est traversée d’ouest en est par plusieurs oueds et qui déversent dans différents points de la côte.
Les plus importants sont Lihoud, Mlaleh, Souani et Moghogha. Pour ces quatre ruisseaux, un programme d’embellissement et de réaménagement des berges vient d’être lancé. Le montant prévu, selon la wilaya de Tanger, est de 225 millions de DH, intégrés dans le cadre du programme de mise à niveau de la ville.
Il s’agira aussi d’aménager des circuits et des promenades le long des berges. C’est Oued Souani, qui recevra le plus grand investissement avec 117 millions de DH. Il s’agira, outre le recalibrage et le réaménagement des berges, de mettre en place divers ouvrages de stabilisation dont une canalisation à ciel ouvert sur 2,5 kilomètres et une autre enterrée sur 700 mètres. L’attention apportée à ce oued est expliquée par les zones à forte densité de population qu’il traverse et par les risques d’inondation qu’il fait courir.
Pour Oued Lihoud, une canalisation à ciel ouvert sur 7 kilomètres est prévue. Elle permettra de stabiliser les berges et d’amener les flots jusqu’à une canalisation souterraine débouchant dans l’océan. Le coût prévu pour cette opération est de 35 millions de DH. Pour l’oued Mlaleh, un barrage d’écrêtement sera mis en place ainsi qu’un canal de dérivation pour un montant global de 33 millions de DH.
L’aménagement de l’oued Moghogha, coûtera, quant à lui, près de 40 millions de DH. L’objectif est de protéger la zone industrielle qui porte le même nom des risques de crues. Curage du chenal, surélévation et renforcement des murs de l’oued qui traverse cette zone industrielle sont au programme. Il s’agit d’augmenter le débit de ce canal jugé trop faible par rapport aux crues prévisibles. Le débit maximum que le canal de Oued Moghogha peut actuellement supporter ne dépasse pas les 170 m3. En 2001, les flots d’eau ont dépassé les 190 m3. Et même plus pendant les inondations qu’a connues la région en 1969, le débit ayant frôlé les 400 m3.
Les risques d’une crue ne sont toujours pas à écarter. Déjà en 2001 les inondations avaient causé des pertes de près de 50 millions de DH aux industriels de la zone.
Ce chiffre inclut les pertes enregistrées par les entreprises, évalué à 30 millions de DH ainsi que les dégradations des infrastructures de la zone, estimées à 20 millions de DH.
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Ali ABJIOU